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4 ans de guerre : À Kinshasa, l’Ukraine appelle le monde à une paix juste face à l’agression russe
À l’occasion du 4ème anniversaire de l’invasion russe à grande échelle de l’Ukraine, l’ambassadeur de l’Ukraine en République démocratique du Congo, Dr Vasyl Hamianin, a livré un discours fort et émouvant ce mardi 24 février à la Délégation de l’Union européenne, à Kinshasa.
La cérémonie s’est tenue en présence de plusieurs autorités diplomatiques et politiques, dont le professeur Modeste Bahati Lukwebo, deuxième vice-président du Sénat congolais.

Un appel à la solidarité internationale
Dès l’entame de son allocution, le diplomate ukrainien a souligné combien le soutien des partenaires internationaux demeure vital pour son pays. Il a exprimé sa reconnaissance à l’Union européenne, qu’il a décrite comme une « famille » pour l’Ukraine, mais aussi au peuple congolais, confronté lui aussi aux affres de l’agression armée dans certaines régions du pays.
Selon lui, la guerre menée contre l’Ukraine ne vise pas seulement un État souverain, mais constitue une attaque frontale contre la paix, la stabilité et les valeurs du monde démocratique.
Une date sombre dans l’histoire ukrainienne

Revenant sur le 24 février 2022, Dr Vasyl Hamianin a rappelé le lancement de l’agression militaire massive par la Russie contre l’Ukraine. Une offensive qu’il a qualifiée de brutale et destructrice, marquée par des bombardements intensifs et l’entrée de centaines de milliers de soldats sur le territoire ukrainien.
À travers une séquence vidéo projetée lors de la cérémonie, les invités ont été plongés dans la réalité quotidienne de la guerre, faite de sirènes, d’explosions et de souffrances civiles.
Des violations graves du droit international

L’ambassadeur a dénoncé ce qu’il qualifie de crimes graves commis par la Russie, notamment contre les populations civiles. Il a évoqué les déportations massives et illégales d’enfants ukrainiens, documentées à plus de 20 000 cas depuis février 2022.
Ces actes ont conduit la Cour pénale internationale à émettre un mandat d’arrêt contre le président russe Vladimir Poutine, ainsi que d’autres responsables du régime du Kremlin.
Une guerre qui ne date pas de 2022

Dr Hamianin a tenu à rappeler que le conflit a débuté bien avant 2022, précisément le 20 février 2014, avec l’annexion de la Crimée et l’occupation d’une partie du Donbass. Selon lui, cet épisode a ouvert une nouvelle ère marquée par la remise en cause des règles fondamentales du droit international et de la souveraineté des États.
Une minute de silence pour les victimes

Face à l’ampleur des pertes humaines ( des centaines de milliers de morts et de blessés, des millions de réfugiés ), l’ambassadeur a invité l’assistance à observer une minute de silence en hommage aux victimes de la guerre.
Malgré la violence du conflit, l’Ukraine, a affirmé le diplomate, a su résister et se réinventer. Il a salué l’adaptation rapide de l’armée ukrainienne, devenue un acteur clé de la nouvelle architecture de sécurité européenne et mondiale.
Cette guerre, selon lui, met également en lumière la nécessité urgente de réformer les institutions internationales de sécurité, notamment les Nations-Unies, jugées insuffisamment efficaces pour contenir les agressions armées.
Pour une paix juste et durable

En conclusion, l’ambassadeur ukrainien a insisté sur la nécessité d’une paix juste, fondée sur le rétablissement complet de la souveraineté ukrainienne, la poursuite des criminels de guerre et l’instauration de garanties solides pour éviter que de telles tragédies ne se reproduisent, en Europe comme en Afrique.
« La paix et la stabilité mondiales dépendent aujourd’hui en grande partie de l’issue de la lutte pour l’indépendance de l’Ukraine », a-t-il conclu, sous les applaudissements de l’assistance.
Tchèques Bukasa/CONGOPROFOND.NET
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DIGI’TALK Douala 2026 : « L’Afrique doit passer de consommatrice à créatrice du digital », affirme Estelle Essame ( Interview exclusive )
Fondatrice du magazine INNOV’TECH AFRICA et initiatrice de DIGI’TALK, plateforme stratégique dédiée aux acteurs du numérique, Estelle Essame œuvre à structurer et valoriser les écosystèmes technologiques africains. À la croisée des médias, du digital et du développement, elle porte une ambition claire : positionner l’Afrique comme un acteur crédible sur la scène technologique mondiale.
Dans cette interview exclusive accordée à CONGOPROFOND.NET, elle décrypte les enjeux de la transformation digitale et les ambitions de DIGI’TALK.

CONGOPROFOND.NET : On parle de plus en plus de transformation digitale dans le contexte africain. Selon vous, pourquoi ce sujet est-il devenu incontournable pour les entreprises ?
Estelle Essame : Parce que le monde n’attend plus. Aujourd’hui, une entreprise qui n’intègre pas le digital ne perd pas seulement en performance, elle perd en pertinence.
Mais au-delà de la compétitivité, il y a un enjeu encore plus profond en Afrique : le digital est un accélérateur de développement. Il permet de contourner certaines limites structurelles et d’ouvrir des marchés autrefois inaccessibles.
La vraie question n’est plus : “faut-il y aller ?”, mais “à quelle vitesse et avec quelle stratégie ?”.
CONGOPROFOND.NET : Quelle est la vision derrière l’organisation de DIGI’TALK ?
Estelle Essame : DIGI’TALK est né d’un besoin simple : créer des conversations utiles. Pas des panels passifs, mais des espaces d’échanges réels, où les participants se challengent et se connectent.
Ma vision est claire : transformer les discussions en opportunités, et les rencontres en collaborations concrètes.
CONGOPROFOND.NET : Pourquoi avoir choisi Douala comme ville hôte ?

Estelle Essame : Douala est un hub économique majeur en Afrique centrale. C’est une ville dynamique, portée par une forte culture entrepreneuriale et une concentration d’acteurs économiques clés.
Positionner DIGI’TALK à Douala, c’est s’ancrer au cœur de l’activité économique réelle.
CONGOPROFOND.NET : À qui s’adresse principalement cet événement ?
Estelle Essame : DIGI’TALK s’adresse à ceux qui font : entrepreneurs, décideurs, startups, professionnels du digital, investisseurs, mais aussi jeunes talents.
Ce qui nous intéresse, ce ne sont pas les profils, mais les dynamiques. Créer des ponts entre ces mondes, c’est là que se crée la vraie valeur.
CONGOPROFOND.NET : Quelles thématiques majeures seront abordées lors de cette édition ?

Estelle Essame : Nous avons choisi des thématiques à la fois tendances et stratégiques : la transformation digitale des entreprises, l’intelligence artificielle et les opportunités business dans le numérique.
Mais surtout, nous allons parler concret : cas réels, retours d’expérience et opportunités immédiates.
CONGOPROFOND.NET : Qu’est-ce qui distingue DIGI’TALK des autres rencontres sur le digital ?
Estelle Essame : Son positionnement hybride et orienté résultats. Ce n’est ni un événement institutionnel classique, ni une simple conférence.
C’est un format immersif, conçu pour favoriser des échanges directs, qualitatifs et stratégiques, avec un objectif clair : déboucher sur des collaborations concrètes.
CONGOPROFOND.NET : Quel impact concret attendez-vous pour les participants et les entreprises ?

Estelle Essame : DIGI’TALK doit générer des connexions stratégiques, faciliter l’accès à des opportunités business et accélérer la compréhension des enjeux digitaux.
Pour les entreprises, c’est un levier de veille et de développement. Pour les participants, un accès à des réseaux qualifiés et à des insights de haut niveau.
Notre objectif est clair : créer de la valeur tangible.
CONGOPROFOND.NET : Quels conseils donneriez-vous aux entreprises qui hésitent encore à amorcer leur transformation digitale ?
Estelle Essame : Le principal risque aujourd’hui, c’est l’inaction.
La transformation digitale doit être progressive, structurée et alignée sur les objectifs business. Il ne s’agit pas de tout transformer, mais de prioriser les leviers à fort impact.
Il est aussi essentiel de s’entourer des bonnes expertises et d’adopter une culture d’adaptation continue.
CONGOPROFOND.NET : Quelles tendances digitales marqueront les prochaines années en Afrique ?

Estelle Essame : L’intelligence artificielle va accélérer beaucoup de choses. En parallèle, la cybersécurité deviendra critique.
Je crois également à la montée des solutions africaines, pensées pour nos réalités. Nous allons passer progressivement d’un modèle d’adoption à un modèle de création.
CONGOPROFOND.NET : Comment les jeunes et les startups peuvent-ils tirer parti de cette dynamique ?
Estelle Essame : Les opportunités sont considérables. Ils doivent se positionner rapidement, développer des compétences solides et miser sur la collaboration.
Des plateformes comme DIGI’TALK leur permettent de gagner en visibilité, de rencontrer des partenaires et d’accélérer leur croissance.
CONGOPROFOND.NET : Pourquoi faut-il absolument participer à DIGI’TALK Douala 2026 ?
Estelle Essame : Parce que DIGI’TALK est un catalyseur d’opportunités.
C’est un espace où se rencontrent les acteurs qui façonnent l’avenir du digital en Afrique centrale. En une seule expérience, les participants accèdent à un réseau qualifié, à des insights stratégiques et à des opportunités concrètes.
C’est un rendez-vous à forte valeur ajoutée.
CONGOPROFOND.NET : Un dernier message aux acteurs du numérique et aux décideurs africains ?
Estelle Essame : Nous sommes à un tournant décisif. L’Afrique ne peut plus se contenter d’être un marché de consommation technologique.
Elle doit s’affirmer comme un acteur de création, d’innovation et de production de solutions adaptées à ses réalités.
Cela exige une mobilisation collective : institutions, secteur privé, talents et entrepreneurs.
C’est à ce prix que nous construirons une Afrique qui ne subit pas la transformation digitale, mais qui la façonne.
Propos recueillis par Tchèques Bukasa / CONGOPROFOND.NET
