Sécurité
3ème attaque meurtrière de la CODECO à Djaiba : 4 civils, dont 3 femmes, tués ce mercredi
Le territoire de Djugu, en Ituri, continue de sombrer dans la violence. Ce mercredi 12 février 2025, vers 2 heures du matin, des éléments de la milice CODECO ont attaqué une fois de plus le groupement de Djaiba, dans la chefferie de Bahema Badjere. Il s’agit de la troisième attaque en l’espace de trois jours dans cette région déjà fortement éprouvée par les violences.
Selon les premières informations recueillies, les miliciens, venus de la localité de Walendu Pitsi, ont de nouveau ciblé la population civile en procédant à des assassinats et en incendiant plusieurs maisons. « Ils sont en train d’incendier les maisons. Aucune intervention », a rapporté une source locale peu après l’attaque.
Le bilan provisoire de cette troisième attaque est d’au moins 4 morts, dont 3 femmes. Le chef de la chefferie de Bahema Badjere, qui a déploré cette nouvelle tragédie, a également souligné l’ampleur des destructions. « Plusieurs maisons sont en feu », a-t-il indiqué ce matin.
Cette nouvelle incursion porte à trois le nombre d’attaques successives de la CODECO dans cette zone. La première attaque, survenue le 10 février, avait fait un mort et 10 blessés, tandis que la deuxième, survenue le 11 février, avait fait plus de 50 morts, dont de nombreux blessés. La situation semble donc se détériorer de jour en jour.
L’autorité coutumière locale dénonce ce qu’elle qualifie de « plan d’extermination » mené contre ses administrés et appelle à la solidarité internationale. « Nous prenons maintenant les Casques bleus à témoin », a-t-il ajouté, faisant allusion à la présence de la MONUSCO dans la région.
Face à cette intensification des violences, la population de Djaiba vit dans une terreur constante, et la chefferie appelle à des actions concrètes pour mettre fin à cette spirale de violences. La situation sécuritaire dans le territoire de Djugu reste extrêmement préoccupante, avec des attaques répétées et des civils de plus en plus vulnérables.
Vérité Johnson/CONGOPROFOND.NET
Sécurité
Parc de Virunga : les éco-gardes pris pour cible, l’ACEDH dénonce un massacre répété
L’Alerte congolaise pour l’Environnement et les Droits de l’Homme (ACEDH) dit être profondément affectée par les récentes attaques armées visant les acteurs de la conservation dans l’est de la République démocratique du Congo.
Selon l’organisation, la dernière attaque s’est produite le 21 mai 2026 à Kamuhoro, sur la côte sud du lac Édouard, au cœur du Parc national des Virunga. Des hommes armés non identifiés ont tué deux éco-gardes, identifiés comme KASEREKA BARAKA VALIYA TIRE et MUNGU AKONKWA MIHIGO Jacques, tous engagés dans la protection de la biodiversité.
L’ACEDH indique que cette attaque intervient quelques jours après d’autres violences enregistrées depuis le 19 mai 2026 dans les zones de Kyavinyonge et autour du lac Édouard, où des biens de citoyens et de défenseurs de l’environnement auraient également été pris pour cible.
Face à cette situation, l’organisation condamne fermement ces actes et présente ses condoléances aux familles des victimes ainsi qu’à la communauté des agents de conservation. Elle exprime également sa solidarité avec les personnes ayant subi des menaces et des destructions de biens.
L’ACEDH appelle à une mobilisation nationale et internationale pour renforcer la protection des acteurs de la conservation en RDC. Elle demande un meilleur accès à la sécurité et à la justice pour ces agents, estimant que les risques qu’ils encourent sont devenus très élevés.
L’organisation s’inquiète également de ce qu’elle qualifie d’instrumentalisation de la violence par certains acteurs politiques et sociaux, ce qui aggrave les tensions et met en danger les communautés locales. Elle rappelle que les éco-gardes proviennent souvent de ces mêmes communautés.
L’ACEDH affirme que depuis janvier 2026, neuf agents de conservation ont été tués en République démocratique du Congo dans l’exercice de leurs fonctions, dont sept dans le parc national de l’Upemba, sans que des enquêtes judiciaires aboutissent à des procès.
Elle appelle les autorités compétentes à ouvrir des enquêtes sérieuses afin d’identifier les auteurs de ces attaques et de renforcer la sécurité dans les aires protégées.
Enfin, l’ACEDH réaffirme son soutien aux efforts de protection du Parc national des Virunga et des autres zones protégées du pays, ainsi qu’à tous ceux qui œuvrent pour la défense de la biodiversité.
Désiré Rex Owamba
