Actualité
30 juin : Pr Bob Bobutaka évoque la portée de la restitution de la relique de Lumumba à la RDC
Les Congolais ont commémoré les 62 ans de l’Indépendance marquée surtout la restitution de la relique, notamment la dent, du héros national Patrice Emery Lumumba par le gouvernement belge à la République démocratique du Congo. Au cours de l’émission Forum Ecclesia à la radio ECC (Eglise du Christ au Congo), le professeur Bob Bobutaka Bateko a mis en évidence la portée historique, symbolique et politique de la restitution de la relique de Lumumba.
D’un ton solennelle, il a déclaré : « Mettons de côté des sentiments presque inutiles, Lumumba, quelque part, c’est l’expression de la RDC. Que sa dent soit revenue au pays, cela doit intéresser les Congolais. Rappelons-nous qu’il a été acidifié pour la RDC ! C’est vraiment un homme d’Etat, à la différence des autres qui cherchent l’argent. Personnellement, je suis content ». Que la restitution coïncide avec l’avènement du président Félix Tshisekedi, c’est une heureuse coïncidence, a-t-il laissé entendre. Toutefois, a rappelé Bob Bobutaka, la démarche de la restitution de la relique de Lumumba avait commencé avec le président Joseph Kabila pour se concrétiser avec le chef de l’Etat Félix Tshisekedi. « J’ai écrit un livre sur Patrice Emery Lumumba en 2021, c’est ma façon à moi de l’honorer. J’ai écrit reliques au pluriel, car, on avait arraché à Lumumba deux dents, l’un d’elles a été abimée lors d’une manipulation », a-t-il dit. Et il a relevé un aspect assez singulier de la naissance du héros national : « Pour mémoire, Patrice Emery Lumumba est né le 02 juillet 1925. Et, j’ai démontré dans un de mes livres que sa naissance a une justification cosmologique. En fait, au 2 juillet, la planète Terre, de par ses trois mouvements : la rotation, l’inclinaison et la révolution, est à 180 degré de diamètre depuis sa date initiale du 1er janvier. Donc, ce parcours a construit une figure géométrique avec un diamètre ellipsoïdal occasionnant ainsi la bibliologie stellaire ».
Bob Bobutaka a par ailleurs déploré que les universités n’aient pas été associées pleinement à cette activité de restitution de Lumumba. Aussi a-t-il stigmatisé l’attitude des intellectuels et même des autorités qui écartent souvent l’intelligentsia, et de ne pas chercher à connaitre l’histoire du pays souvent cachée dans des livres et autres documents. « Je parle de l’Acte de Berlin, de la Conférence de Berlin, dans un chapitre d’un de mes ouvrages paru en 2017. Mais les Congolais, les intellectuels et même les autorités, ne lisent pas, et pire, ces autorités ne cherchent pas à approcher ceux qui ont les informations, et c’est ça notre pays. On ne peut pas gérer un pays un mettant à l’écart les scientifiques et les chercheurs, c’est une contradiction. On ne peut pas comprendre que le pays finance beaucoup d’argent pour payer les professeurs, mais lorsqu’il faut les utiliser, on change de langage pour dire que les politiciens ne prennent en compte que leurs électeurs. Il faut un soubassement pour gérer l’Etat, le pays ne se construit pas seulement dans l’approche des élections…», a regretté le professeur Bob Bobutaka.
M. Enyimo/Congoprofond.net
Politique
Assemblée nationale : Sous la conduite de Boji Sangara et Djoli Eseng’Ekeli, le temple des lois retrouve sa rigueur constitutionnelle
En recevant, dans le strict respect des formes républicaines, le rapport annuel de la CENI des mains de Denis Kadima, le tandem Aimé Boji Sangara – Jacques Djoli Eseng’Ekeli a offert ce mardi 14 avril 2026 une magistrale leçon de droit parlementaire. Loin des tumultes et des improvisations du passé, le Palais du Peuple démontre qu’il est redevenu le sanctuaire intangible de la procédure.
Ce mardi 14 avril 2026 restera comme l’illustration éclatante qu’un État de droit se construit d’abord par la stricte observance des gestes prescrits. En recevant officiellement Denis Kadima dans l’antre du bureau de l’Assemblée nationale, le Président Aimé Boji Sangara n’a pas seulement ouvert sa porte ; il a ouvert la session de contrôle parlementaire à l’heure exacte où la loi l’exigeait.
Accompagné du rapporteur Jacques Djoli Eseng’Ekeli, orfèvre constitutionnel dont la présence suffit à garantir l’orthodoxie juridique du moment, ce binôme a transformé une formalité administrative en une démonstration de force institutionnelle : ici, au Palais du Peuple, on ne badine plus avec le calendrier de la démocratie, et chaque échéance légale est honorée avec une rigueur qui force le respect de tous les acteurs politiques.
Le dépôt des 550 exemplaires du rapport annuel — un par député national, ni un de moins, ni un de trop — incarne à lui seul la révolution procédurale silencieuse en cours. Couvrant la période stratégique d’avril 2025 à mars 2026, ce document n’est pas un simple bilan technique ; c’est la feuille de route authentifiée des prochaines échéances électorales. Dans une tradition où les documents se perdaient parfois dans les couloirs ou n’arrivaient que tronqués dans les mains des élus, la précision mathématique exigée par le Professeur Djoli et orchestrée par le Speaker Boji Sangara envoie un signal limpide : le Parlement ne délibère plus sur des rumeurs, il légifère et contrôle sur pièces.
En remettant matériellement à chaque élu la totalité de l’œuvre de la Centrale Électorale, le duo dirigeant de la Chambre basse élève le débat à venir au rang d’examen rigoureux, là où régnait hier l’à-peu-près. Cette image d’un Parlement respectueux de ses propres règles jusqu’au détail protocolaire est la plus cinglante des réponses aux sceptiques de la gouvernance congolaise. La CENI de Denis Kadima n’a pas été convoquée comme un justiciable à la barre, mais accueillie comme une institution partenaire dans le cadre défini par la Loi fondamentale.
En verrouillant ainsi la procédure, Aimé Boji Sangara et Jacques Djoli Eseng’Ekeli ne protègent pas seulement la majorité ou l’opposition ; ils protègent la République elle-même contre ses vieux démons d’improvisation. Dans une Afrique centrale en quête de repères, le message porté ce 14 avril depuis Kinshasa est d’une clarté assourdissante : quand les hommes de droit sont à la manœuvre, les institutions respirent au rythme serein et inébranlable de la Constitution.
TEDDY MFITU
Polymathe, chercheur et écrivain / Consultant senior cabinet CICPAR
