Liberté de la Presse
22 journalistes assassinés en RDC : Plaidoyer pour la construction d’un monument pour ces « Martyrs de la Liberté de Presse »
Ce vendredi 31 mai 2024 , à l’esplanade du Palais du peuple, l’Association Congolaise des femmes journalistes de la Presse Ecrite (ACOFEPE) et le Groupe de Presse LA REFERENCE Plus, en collaboration avec les organisations des professionnelles des médias, se sont rassemblés pour rendre hommage aux 22 journalistes assassinés en RDC entre 1994 et 2021, pendant l’exercice de leur métier.
Le thème fort ayant marqué cet événement est « Tous, soutenons plaidoyer pour la reconnaissance nationale de 22 journalistes assassinés au rang des Martyrs de la liberté de la Presse ».
Au cours de cet événement, Grace Ngyke, l’initiatrice de l’Association Congolaise des Femmes de la Presse Ecrite, a fait la présentation des photos des 22 oubliés de la République, suivie de quelques interventions à l’égard du chef de l’Etat.
Pour le Secrétaire de l’UNPC, Jasbey Zegbia Wembulu, le fait de reconnaitre la mémoire des 22 journalistes assassinés dans l’exercice de leur métier, serait une façon de montrer que la RDC entre dans la liste des pays de grandes démocraties.
« Nous clôturons la célébration du mois dédié à la liberté de la presse ; J’en appelle au président de la République au sens de la responsabilité, car aujourd’hui déjà le fait de reconnaitre ces journalistes assassinés, serait une façon de montrer que la RDC entre dans les pays de grandes démocraties », a-t-il dit.
Et d’ajouter : « Nous ne devons pas oublier que la liberté de la presse, c’est la mère de toutes les libertés dans le monde. Vous vous rappelez que le 02 novembre 2013, il y a eu 2 journalistes qui étaient assassinés, notamment Ghislaine Dupont et Claude Verlon au Mali, juste le mois qui a suivi, le mois de décembre, l’Assemblée Générale des Nations-Unies s’est réunie pour pouvoir décréter la journée de 02 novembre comme la journée mondiale pour la fin de l’impunité des crimes commis contre les journalistes. Si déjà le monde célèbre cette journée, cela démontre que la liberté des journalistes doit être garantie. Et aujourd’hui dans notre pays, si le président de la République reconnait la mémoire de ces 22 journalistes assassinés dans l’exercice de leur métier, et ainsi construirait une stèle au noms de ces journalistes, ce serait une démonstration de la grande démocratie en RDC », a conclu le Secrétaire de l’UNPC.
Par ailleurs, Grâce Ngyke affirme que ce rassemblement a l’objectif de rappeler au président de la République que leur demande est toujours sur sa table. « Nous menons depuis juillet 2023, un plaidoyer pour la reconnaissance nationale des 22 journalistes assassinés au rang des Martyrs de la liberté de la Presse. Alors, ce premier rassemblement des professionnels des médias a pour objectif de pouvoir rappeler au président de la République que notre demande est toujours sur table pour pouvoir reconnaitre le travail abattu par ces journalistes, qui ont œuvré pour la démocratie, la justice et aujourd’hui, comme nous sommes dans Etat de droit, on pense que c’est le moment favorable pour que ces journalistes soient élevés, à titre posthume, au rang des Martyrs de la liberté de la Presse », a-t-elle ajouté.
Notons que l’ACOFEPE et LA REFERENCE Plus, en collaboration avec les organisations des professionnels des médias, insistent sur la construction de ce monument comme cela a été fait pour les artistes musiciens à la place des artistes sur rond-point Victoire.
Glody Bukasa Mawila/CONGOPROFOND.NET
À la Une
Désinformation, IA et Éducation numérique : Les nouveaux enjeux au cœur d’un sommet, du 30 au 31 mars, à Kinshasa
L’organisation indépendante de vérification des faits Eleza Fact a annoncé la tenue du tout premier sommet régional consacré à la lutte contre la désinformation en République démocratique du Congo.
Prévu les 30 et 31 mars 2026 à Kinshasa, cet événement majeur est coorganisé avec Afya Amani Grands-Lacs et le réseau FACTOSCOPE, autour du thème : « Repenser l’information, l’Intelligence Artificielle et l’Éducation numérique en temps de crise pour les cinq prochaines années ».

Un contexte régional sous tension
Dans un contexte régional marqué par les conflits armés et les crises sanitaires, notamment en Afrique centrale et dans la région des Grands Lacs, les organisateurs alertent sur le rôle amplificateur de la désinformation. Celle-ci contribue à attiser les tensions, fragiliser la cohésion sociale et entraver les efforts humanitaires.
À travers ce sommet, baptisé « Ukweli », les initiateurs entendent réunir près de 200 participants, dont des journalistes, experts, jeunes leaders, acteurs politiques et membres de la société civile, afin de construire une réponse collective face à ce phénomène.
Former, sensibiliser et responsabiliser

Selon Esdras Tsongo, directeur exécutif d’Eleza Fact, « en période de crise, la désinformation coûte des vies », soulignant la nécessité de renforcer les mécanismes de prévention et de réponse face aux fausses informations.
Le sommet prévoit notamment des sessions de formation en fact-checking, l’usage responsable de l’intelligence artificielle, ainsi que la mise en place de campagnes de sensibilisation pour renforcer l’éducation aux médias et l’esprit critique des populations, en particulier des jeunes.
Une ambition régionale et stratégique

L’édition 2026 s’annonce ambitieuse avec 10 sessions thématiques, 10 panélistes internationaux et plus de 200 participants en présentiel, dont une cinquantaine venus de l’étranger, ainsi que la participation de plusieurs médias partenaires nationaux et internationaux.
À travers cette initiative, Eleza Fact et ses partenaires ambitionnent de faire de ce sommet un cadre stratégique pour restaurer la confiance dans l’information et renforcer la démocratie en RDC et dans toute la région des Grands Lacs.
Dorcas Mwavita/Congoprofond.net
