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Malnutrition à Kwango : Problèmes et solutions ( Par Prof Patience Kabamba, PhD, anthropologie)
Des photos des enfants extrêmement malnutris dans la province du Kwango qui circulent sur la toile ont réveillé de l’empathie des personnes de bonne volonté. Les uns ont commencé à récolter des dons pour les malnutris de Mawanga dans le territoire de Kasongo-Lunda, à l’instar du journaliste Congolais vivant en Belgique, Fabien Kuswanika. Un groupe de la société civile élargie à la dynamique des femmes du Kwango se bat aussi pour collecter des dons pour soulager un tant soit peu la malnutrition dans cette province. Bien d’autres ont envoyé de l’argent directement à Panzi (une cité de Kasongo-Lunda) pour la même raison. Ce sont là des réponses immédiates quoiqu’éphémères qui ne touchent pas à la racine du problème.
Évidemment, l’urgence est de nourrir les personnes endémiques et de leur donner des éléments dont elles manquent terriblement au risque de la vie. J’admire donc les efforts de Fabien Kuswanika, de la Société Civile élargie et des individus qui ont pu envoyer de l’argent à Panzi pour participer à la lutte contre l’épidémie liée à la malnutrition qui dévaste cette partie de la Province du Kwango. Ces réponses sont importantes, mais éphémères car la situation demande quelque chose de permanent pour éradiquer l’origine de la malnutrition de la province.
En faisant le tour de cette question, un médecin Kwangolais qui connait bien la situation m’a écrit ceci:
“La malnutrition du Kwango est un problème de leadership local à tous les niveaux et au niveau national. Les gens dans leur crétinisme, se battent pour devenir politicien sans vision. Ces terres du Kwango doivent faire d’elle la ferme de Kinshasa pour la viande, le lait, le fromage, et autres. Ce n’est pas difficile de produire du miel. Chaque village doit avoir des étangs. Il y a eu des prémices de ce que je dis ici. Presque chaque enseignant de Panzi avait une ferme de bœufs avant l’arrivée de l’Afdl qui avait parasité l’essentiel de fermes sans compensation. La gâchette avait fini par décourager ces petits entrepreneurs. Les étangs étaient nombreux à Panzi, je n’arrive pas à comprendre comment on n’a pas continué à développer pareille activité… La pisciculture avec forage là où il n’y a pas d’eau, tout comme un élevage encadré sont une solution pour un développement durable.”
Voilà, une réflexion qui, tout en parlant du passé, nous donne des perspectives d’avenir pour la lutte contre la malnutrition. Elle est une question de leadership. Les politiciens Kwangolais peuvent, s’ils deviennent vraiment patriotiques, au-delà de la recherche des votes, entrevoir des solutions contre le fléau de la malnutrition qui ne détruit pas seulement le corps mais aussi le mental des personnes atteintes, tout en les exposant à toutes sortes des maladies et épidémies.
Nous ne minimisons pas les grandes difficultés de trésorerie que connait la province. Elle n’a pas de moyens pour remettre sur pieds la province toute entière. Cependant, la province ne manque pas des têtes pensantes pour réfléchir sur cette situation qui finit par paralyser le Kwango et détruire la majorité de sa population restée encore dans la province car beaucoup de Kwangolais ont immigré à Kinshasa.
Les missionnaires catholiques et protestants n’avaient pas de moyens colossaux pour tenir leurs paroisses et diocèses, mais ils avaient pu juguler la malnutrition en introduisant des élevages dans tout le Kwango. Les enseignants et beaucoup de privés avaient des bœufs, des moutons et du volaille. Les étangs avaient été introduits pour diversifier les protéines dans l’alimentation des Kwangolais. Les missionnaires qui ont accompli cela n’étaient pas des Kwangolais ni des Congolais pour la plus part. Aujourd’hui parmi les politiciens qui reçoivent les 62% du budget national à travers leurs salaires, on retrouve des Kwangolais dont la plupart de personnes qui les ont élus vivent dans la malnutrition. Personne ne leur demande de donner de leur salaire pour la cause de la malnutrition, mais il est temps que politiciens, intellectuels, et paysans se mettent ensemble pour proposer des solutions à long terme. Nous savons aujourd’hui qu’il n’y a pas de minerais que la province peut immédiatement utiliser pour répondre aux besoins nutritifs dans la province et lutter contre la malnutrition. Jusqu’à ce que de nouvelles explorations soient faites, on ne peut pas compter sur les “potentiels” minerais du Kwango. Il nous reste les terres fertiles de la province. Il y a quelques années Kasongo-Lunda, Kitenda, Pelenda, Kingunda, Popokabaka, Feshi, Kahemba, des noms des villes et villages qui constituaient des réserves agricoles de la province. Aujourd’hui, ils sont quasiment tous tombés dans le cycle de la malnutrition. Pourquoi? Qu’est-ce qui a fait que ces lieux qui étaient jadis des paradis de nourritures sont aujourd’hui en proie à la malnutrition ?
Tout est à l’image du pays qui est passé d’un pays modèle de la colonisation à un pays pauvre et fortement endetté.
Quelles solutions pour le Kwango ?
Il faut remettre les gens au travail des champs et évacuer les produits de leurs travaux sur des marches de proximité. Pour cela, il faut nécessairement des routes des desserte agricole et d’évacuation sur les marchés.
Cependant, les routes et même le curage de la rivière Kwango demanderont de l’argent que la province ne possède pas. Il faut soit que la province contracte un prêt auprès d’une banque commerciale, soit elle hypothèque ses terres pour des projets agricoles par les étrangers qui sont prêts à le faire.
Il y a quelques années, j’étais très impliqué dans un projet que je résume en annexe et qui n’a pas abouti faute de la garantie souveraine exigée par les bailleurs des fonds. La question de la malnutrition nous concerne tous, politiciens, intellectuels et paysans. Nous sommes invités à y réfléchir et apporter des propositions de solutions.
Prof Patience Kabamba, PhD, anthropologie
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Kibali et ses 700 partenaires congolais : Le pari réussi du contenu local à Watsa, avec IOB en première ligne !
Dans le territoire de Watsa, où se trouvent les sites miniers de Durba et Doko, l’histoire de Kibali Gold Mine ne se résume pas à l’exploitation de l’or. Depuis le lancement de ses activités, la société minière a favorisé l’émergence d’un tissu entrepreneurial local capable d’accompagner son développement. Parmi les entreprises qui incarnent cette réussite figure Inter Oriental Builders Sarl (IOB), une société congolaise dont la croissance est étroitement liée à la politique de promotion du contenu local mise en œuvre par Kibali.

Kibali, le poumon économique du Haut-Uélé
Au fil des années, Kibali Gold Mine s’est imposée comme le principal moteur économique du nord-est de la RDC. Les investissements réalisés dans le pays dépassent aujourd’hui 6,3 milliards de dollars américains, dont plus de 3,1 milliards ont été directement versés à des entrepreneurs et partenaires locaux.
Plus de 700 entreprises congolaises bénéficient désormais des programmes d’approvisionnement et de renforcement des capacités développés autour de la mine. La société emploie par ailleurs plus de 5 000 travailleurs et contractants, dont plus de 90 % sont Congolais.
Pour le Haut-Uélé, et particulièrement pour Watsa et Durba, ces investissements ont profondément transformé le paysage économique. Kibali représente une source importante des recettes publiques provinciales et constitue le principal pôle d’attraction économique de la région.
IOB, une réussite entrepreneuriale forgée à Watsa

C’est dans ce contexte qu’Inter Oriental Builders Sarl s’est progressivement imposée comme un partenaire stratégique de Kibali Gold Mine. Basée à Durba avec un siège à Ariwara, IOB a développé un savoir-faire reconnu dans le génie civil, les infrastructures minières, les travaux routiers et la fourniture de matériaux de construction.
Depuis plus d’une décennie, la société participe à plusieurs projets structurants liés aux activités de Kibali. Elle a contribué à la construction de camps de réinstallation, d’infrastructures communautaires, d’ouvrages hydrauliques ainsi qu’à l’aménagement et à l’entretien de nombreux axes routiers, facilitant à la fois les opérations minières et les échanges économiques dans cette partie enclavée du Haut-Uélé.
Le partenariat entre Kibali et IOB illustre concrètement la volonté de promouvoir les compétences nationales et de créer une véritable chaîne de valeur locale autour de l’industrie minière.
Des infrastructures qui profitent aux communautés

Les retombées de cette collaboration dépassent largement le secteur minier. Les infrastructures réalisées améliorent les conditions de vie des populations de Durba, Doko et des localités environnantes. Routes, adductions d’eau, bâtiments communautaires et ouvrages d’assainissement participent au désenclavement et au développement socio-économique du territoire de Watsa.
Au-delà des marchés attribués aux entreprises locales, Kibali a également investi dans des projets sociaux, éducatifs et sanitaires qui renforcent le développement durable de la région. Plusieurs programmes communautaires financés dans le cadre de ses engagements sociétaux contribuent à améliorer les services de base pour les populations du Haut-Uélé.
Le modèle Watsa, une référence du contenu local en RDC

L’expérience de Kibali Gold Mine et d’Inter Oriental Builders démontre que l’exploitation minière peut devenir un puissant levier de développement territorial lorsqu’elle s’appuie sur des entreprises locales compétentes. À Watsa, Durba et Doko, cette collaboration a favorisé l’émergence d’un secteur privé congolais capable de répondre aux standards internationaux tout en créant des emplois et des opportunités économiques durables.
L’histoire d’IOB est ainsi celle d’une entreprise congolaise qui a grandi avec les ambitions de Kibali Gold Mine et qui contribue aujourd’hui, à travers ses réalisations, à la transformation économique du Haut-Uélé. Plus qu’une relation commerciale, ce partenariat constitue un exemple concret de développement partagé, où la richesse minière devient également un moteur d’entrepreneuriat local et de progrès pour les communautés.
Tchèques Bukasa/CONGOPROFOND.NET
